Dyslexie et musique

Publié le par MARIF

Le programme d'écoute active comprend des plages de lecture assistée par le travail de l'oreille. Le retour auditif renforcé aide à fixer les sons lus : l'enfant s'entend lire, le cerveau se concentre sur les phonèmes.

Le programme d'écoute active comprend des plages de lecture assistée par le travail de l'oreille. Le retour auditif renforcé aide à fixer les sons lus : l'enfant s'entend lire, le cerveau se concentre sur les phonèmes.

Pour restaurer le statut de l’élève, il faut qu’il se sente compétent.

     Dernièrement, j'ai provoqué beaucoup de progrès chez un enfant en difficulté scolaire, (dyslexie, manque de mémoire de travail, manque de compréhension en français et en mathématique) en associant le chant et le jeu au piano aux séances d'écoute Tomatis.

Le piano :

Tout d'abord, à partir d'une chanson très simple, en lui apprenant à la jouer sur le piano, avec ses deux mains.

Attention, l'objectif n'est pas d'en faire un pianiste, mais de développer chez l'enfant "dys", des aptitudes qui vont l'aider pour la lecture, les apprentissages, le langage...

J'ai préparé pour cet enfant une partition spéciale, avec de grosses notes, bien séparées : il a joué d'abord avec sa voix, puis avec le piano. Quand les bases concernant le son ont été acquises, le grave, l'aigu, il a réalisé des exercices avec une main (la gauche était plus facile pour lui donc on a commencé avec celle-ci), puis avec l'autre main, et enfin, les deux ensemble. Puis, en chantant en même temps... Les exercices ont été de plus en plus difficiles mais toujours sur la même chanson, de façon à ne pas rajouter 2 difficultés en même temps.

Ces séances avaient lieu une fois par semaine, et en même temps, nous avons fait un programme d'écoute Tomatis.

Le programme d'écoute :

Sous oreille électronique, le programme ouvre l'oreille de l'enfant qui peut alors prendre conscience de ce qu'il fait quand il parle et quand il lit.

Le traitement particulier de la musique va stimuler les capacités d'attention de l'enfant. Il sera plus concentré et attentif. L'attention devenue meilleure, la mémorisation devient plus facile et plus rapide.

Les progrès ont été constatés par l'instituteur et l'orthophoniste, qui ne savaient pas que l'enfant faisait ce programme.

Comment cela est-il possible ? Beaucoup d'études récentes vont dans le même sens, et prouvent les résultats obtenus depuis 50 ans avec la méthode Tomatis®. En voici un résumé accompagné de remarques personnelles (*) qui vous permettent de retenir l'essentiel :

              1°  Dyslexie et apprentissage musical
     La dyslexie et les autres troubles spécifiques d’apprentissage font l’objet d’un intense effort de la recherche scientifique depuis une dizaine d’année, principalement dans deux champs : celui des neurosciences et celui des sciences de l’éducation. Les causes de ces problèmes sont multiples, certaines impliquant le développement des aptitudes linguistiques et mnésiques, d’autres des aptitudes de coordination motrice, d’autres enfin des aptitudes dites « attentionnelles ».

     Ainsi, pour certains dyslexiques, c’est le problème linguistique qui est au premier plan : sémantique, syntaxe, lexique, phonologie, ce dernier point, qui concerne la capacité à utiliser les sons pour en faire un code signifiant, étant considéré comme le niveau crucial du déficit.

    Pour d’autres, la difficulté est plutôt au niveau attentionnel, se manifestant par exemple par l’incapacité à gérer deux tâches simultanément, ou à inhiber la tendance à se laisser distraire par des stimuli extérieurs (réalisant au maximum le tableau de TDAH, c’est à dire l’enfant dit « hyperactif »).
     Enfin, une partie des enfants dyslexiques, surtout ceux qu’on dénomme également dyspraxiques, ont des difficultés plus vastes dans les domaines de la coordination motrice (en particulier coordination des gestes fins, incluant le geste d’écriture)

      Le traitement de la musique par le cerveau humain possède des caractéristiques aujourd’hui bien connues, et dont certaines sont proches de la façon dont le cerveau traite les informations linguistiques. En premier lieu, comme pour le langage, l’information est initialement de nature auditive, constituée d’éléments distincts en succession rapide, réalisant des « phrases » avec un début et une fin, et pouvant évoquer un « sens ». Mais ce sens est très généralement dépourvu de visée communicative, ce qui fait la grande différence avec le langage. Au contraire, la finalité majeure de la musique est le plaisir esthétique, et en cela elle possède, en plus du langage, toute une dimension affective et émotionnelle qui en fait l’originalité.

* Vous remarquez qu'on parle bien du traitement de la musique par le cerveau, c'est à dire l'écoute, et non de l'audition : on peut avoir une excellente audition et être dyslexique. 

* La dimension émotionnelle et affective est aussi importante.

        L’apprentissage de la musique possède deux avantages remarquables : celui du caractère ludique et celui de permettre un retour gratifiant de l’effort consenti.


     Un autre effet général de la musique, potentiellement utile chez la majorité des syndromes « dys », est le caractère multimodal de l’entraînement qu’implique tout apprentissage musical. En effet, apprendre à jouer d’un instrument, provoque des modifications au niveau cérébral impliquant principalement des zones impliquées dans la perception auditive et dans l’activité motrice des mains, mais aussi des modifications des connexions entre différentes structures, en particulier les fibres unissant les aires antérieures et postérieures des hémisphères du cerveau. Par ailleurs, une zone dans l’hémisphère gauche, l’aire de Broca, aire connue pour abriter des neurones à vocation multimodale (c’est à dire s’activant tout autant lors de l’acte moteur que lors de la perception auditive ou encore visuelle) a été retrouvée significativement plus développée chez des musiciens professionnels.

* De même lorsqu'on fait un programme Tomatis, on constate des améliorations au niveau de l'écoute et aussi du visuel. Notez également les zones impliquées dans la perception auditive et l'activité motrice des mains, ce qui explique les progrès de l'enfant dès lors qu'on a utilisé le piano.

          2°) Les effets spécifiques

a) lorsqu’un trouble phonologique est avéré, ce qui est le cas de la majorité des enfants dyslexiques qui ont souffert, à des degrés divers, de difficultés dans l’acquisition du langage, l’approfondissement des aspects auditifs et perceptifs sera de mise, avec un accent tout particulier sur l’écoute des différentes composantes acoustique d’extraits musicaux. On sait donc que l’exercice musical est capable d’améliorer les bases phonologiques de la lecture, comme la capacité à percevoir des sons à l’intérieur d’un mot (conscience phonologique).

b) lorsqu’un trouble attentionnel est présent, l’écoute musicale peut permettre d’améliorer significativement la capacité de l’enfant à sélectionner les informations pertinentes et à les séparer du fond, une aptitude qui est souvent trouvée déficitaire chez les enfants dyslexiques, surtout s’ils ont des troubles associés de type hyperactivité.

Mais la composante attentionnelle de la lecture étant essentiellement visuelle, c’est essentiellement dans cette modalité que l’apprentissage musical peut aider, ce qui implique d’utiliser la notation musicale dès le début de l’apprentissage.

c) enfin, la composante motrice du trouble dyslexique est particulièrement handicapante dans les cas ou la dyslexie s’accompagne de dysgraphie, c’est à dire d’une maladresse motrice touchant la réalisation de l’écriture et de l’acte graphique en général.

    En théorie, cet apprentissage moteur pourrait se faire avec n’importe quel instrument, toutefois le caractère universel et visuellement stéréotypé d’un clavier de piano paraît le support le plus intéressant dans cette perspective. Divers travaux récents sont venus confirmer cette hypothèse, montrant que les modifications cérébrales induites par l’apprentissage musical sont nettement plus flagrantes lorsque l’apprentissage des sons a intégré celui des gestes associés à la production de ces sons, en l’occurrence l’apprentissage d’une séquence sur le clavier d’un piano.

* Notez encore : modifications cérébrales. Il s'agit vraiment d'intervenir en amont, de provoquer des connexions neuronales. Et il suffit de séquences au piano, on ne cherche pas à faire de tous les enfants des pianistes.

 

Et enfin :

Il est indispensable d’obtenir l’assentiment de la famille sur deux points : sa participation active à un nouveau programme de rééducation, ce qui implique régularité et son engagement sur du moyen à long terme.


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Voyons maintenant à la lumière de ces récentes découvertes ce que développe la méthode Tomatis® :
1. Développement auditif :
• Ecoute multidirectionnelle, les sons dans l'espace
• Ecoute et mémorisation
• Ecoute détaillée des différents paramètres d'un son.
• Aigus/graves
• Ecoute intérieure
• Classer les sons
* Vision-audition (images sonores et écrites)

2. Rythme et motricité
• Mouvements naturels et pulsation
• Expression rythmique
• Equilibre, ancrage
• Rythme et espace : l'utilité du rythme concernant la mémoire de travail dans cet article
• Coordination

 

Ce que je rajoute en séance active voix :
Jeu au piano (mouvements simples, mains alternées, en reproduction, invention...)
Chant et jeu au piano avec partition, mouvements adaptés : une main joue, ou une main joue, l'autre frappe le rythme ou une partie est jouée, l'autre chantée, ou les 2 mains ensemble, ou l'une après l'autre.

* Le chant, indispensable pourquoi ?
C’est quand l’activité est souffrance
que les stratégies d’évitements se mettent en place.

Chanter redonne le goût d'apprendre, car chanter génère du plaisir. Même si chanter est une mise en danger de l’image de soi, l’objectif n’étant pas de chanter juste, ni bien, l'élève peut s'investir dans ce nouvel apprentissage.

Je me rends compte que beaucoup d'enfants en difficulté scolaire, ont développé une peur énorme de se tromper. Ils n'arrivent pas à dépasser cette peur. Ils ne savent pas qu'on apprend en se trompant.
Chanter c’est mettre en place un réflexe : accepter l'erreur, accepter le brouillon, savoir refaire, savoir tâtonner, pour que le cerveau cesse de s'inquiéter à l'idée de ne pas réussir du premier coup.

Cet apprentissage dépasse donc largement les élèves dyslexiques

pour bénéficier à tous les élèves.

 

Pour en savoir plus sur le programme d'écoute Tomatis.

 

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