TDAH : inattention, hypersensibilité, hyperacousie et angoisse sont liées.

Publié le par MARIF

Enfant effectuant sa session d'écoute en détente.

Enfant effectuant sa session d'écoute en détente.

Quelle qu'en soit l’origine, le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité, TDAH, semble provoquer des anomalies de développement et de fonctionnement du cerveau qui entraînent une difficulté chez tous ces enfants à écouter.

Or, écouter est synonyme de "être attentif". Lorsqu'on se plaint qu'un enfant n'écoute pas, on constate qu'il est inattentif. Et lorsqu'on ne fait pas attention à ce qu'on nous dit, c'est parce que nous n'écoutons pas.

I. Inattention, hypersensibilité, hyperacousie et angoisse.

   L’oreille est fortement impliquée dans ces symptômes. Les travaux du Dr Tomatis* montrent les interactions qui existent entre l'oreille, l'attention, l'anxiété et l'hyperactivité.

   En effet, la fonction ultime de l’oreille n’est pas tant l’audition que l’attention, en d’autres termes, l’écoute.

   L’oreille est également l’organe sensoriel qui fournit le plus de stimulation au cerveau.

    Enfin, l’oreille interne (le vestibule) contrôle l’équilibre, la coordination et les mouvements.

II. Comment fonctionne votre oreille ?

   Rappelons que l’oreille dans son ensemble est constituée de trois parties :
- L’oreille externe qui comprend le pavillon et le canal auditif.
- L’oreille moyenne avec le tympan et les trois osselets mobilisés par les muscles du marteau et de l’étrier.
- L’oreille interne avec le système vestibulaire qui contrôle la posture et la cochlée qui permet l’audition.

III. En quoi l'oreille est-elle liée à l'hyperactivité ?

  Le Dr Tomatis a bien explicité la différence entre les processus de l'audition et de ceux de l'écoute :
   Passer de l'audition, processus passif de l'ordre de la sensation, à l'écoute, processus actif de l'ordre de la perception, relève à la fois des domaines physiologique et psychique.

   Le symptôme d'inattention lié à l’hyperactivité est en lien avec les grandes fonctions de l’oreille, la fonction vestibulaire avec le contrôle de la posture et des mouvements et la fonction de discrimination des sons qui vont permettre de maintenir son attention et d'écouter.

IV. La fonction d'écoute.

   Sur le plan physiologique, la fonction d'écoute se réalise grâce à la mobilisation des deux muscles de l'oreille moyenne : le muscle de l'étrier et le muscle du marteau.     

   En jouant sur la tension de la membrane tympanique et sur la pression liquidienne de l'oreille interne, le sujet peut sélectionner les sons qu'il veut écouter et filtrer les sons non désirés. Le jeu savant de ces muscles protège également les fragiles cellules ciliées de l'oreille interne des sons potentiellement dangereux.           

   Lorsque ces muscles ne fonctionnent pas bien le sujet devient hyperacousique. C'est pourquoi inattention et hyperacousie sont  liées.
 
   Chez les enfants hyperactifs, le test d’écoute Tomatis met généralement en évidence un défaut de mise en tension de l’oreille moyenne qui se caractérise par une prédominance de la courbe osseuse (réponse de l’oreille interne) sur la courbe aérienne (réponse de l’oreille moyenne). Cette inversion des courbes entraîne une hypersensibilité de l’oreille qui se trouve, de fait, constamment « bombardée » d’informations rendant très difficile la capacité d’accommodation et de concentration.

   Par exemple en classe, rapidement la voix du professeur n’est plus discriminée et finie par être « mélangée » avec les bruits ambiants. Ces enfants sont alors incapables de maintenir leur attention, ils perdent le fil de la conversation et des consignes données.

   L'oreille ne se limite pas à transmettre passivement les informations auditives au cerveau, mais au contraire les discrimine de façon très fine, de la même façon que les muscles de l'œil le font pour la vision. Cette capacité de tendre l’oreille, c’est-à-dire d’écouter n’est pas innée et demande beaucoup d’entraînement et de temps. Nous savons qu’un enfant de 3 ans n’écoute pas comme un enfant de 8 ans et que c’est un long processus de maturation.

   Ces enfants hyperactifs, en défaut d’attention, ont donc besoin de ré-éduquer les muscles auditifs tout comme d’autres ont besoin de séances d’orthoptie pour rééduquer les muscles oculaires.

V. La méthode Tomatis

   La méthode Tomatis est un entraînement des muscles de l'oreille qui se pratique pendant des phases d'écoute passive (écoute de musique) et active (écoute de sa voix) : 6 mois sont nécessaires pour enclencher un processus qui perdure de nombreuses années.

* IMPORTANT : Une bonne audition n'implique pas nécessairement une bonne écoute.
 

En savoir plus sur la méthode Tomatis à Tours.

* Oto-rhino-laryngologiste et spécialiste du traitement des troubles de l’audition et du langage, Alfred Tomatis a entrepris dès 1947 des recherches dans les domaines de l’audiologie et de la phonologie (voir qui est Tomatis ?) qui aboutirent à la formulation de 3 lois qui portent désormais le nom de lois Tomatis.
   Ces découvertes approfondissent les liens étroits qui existent entre l’oreille et la voix mais également le système nerveux et la psychologie, d’où l’appellation de cette nouvelle discipline : l’audio-psycho-phonologie.

* Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) est un trouble neurobiologique caractérisé par la présence de trois symptômes : un déficit de l’attention, une hyperactivité motrice et une impulsivité. Ce trouble altère non seulement les capacités cognitives de l’enfant (déficit attentionnel, impulsivité cognitive, difficultés d’organisation et de planification, difficultés mnésiques, difficultés de résolution de problèmes, déficit de motivation...), mais aussi ses compétences motrices, émotionnelles et sociales : faible estime de soi, fatigabilité, instabilité affective, irritabilité, faible tolérance à la frustration, impatience face aux délais, difficultés d’intégration sociale, difficultés de coordination motrice.

Le retentissement du TDAH sur la vie de l’enfant est donc majeur, notamment sur le plan scolaire : difficultés d’apprentissage, troubles du comportement, mais aussi sur le plan relationnel, difficultés d’intégration sociale. Il est important de noter que plus de la moitié des enfants TDAH présentent des troubles spécifiques des apprentissages (dyslexie, TAC, dyspraxie...).

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